11 MARS 2020

La RCR en temps de Coronavirus

Mise-à-jours de la prise en charge d’une victime en cas de pandémie COVID-19

Introduction

Mise en contexte

 

L’arrêt cardiaque survient quand le cœur cesse de battre de façon inattendue.

Plus de 80% des arrêts cardiaques surviennent à domicile, et les répondants sont donc souvent des parents ou des amis.

La réanimation cardiorespiratoire (RCR) et l’utilisation de défibrillateurs externes automatisés (DEA) améliorent considérablement les chances de survie.

Étant donné les circonstances exceptionnelles de la pandémie de la COVID-19, le risque qu’un répondant contracte la maladie en réalisant la RCR ou en utilisant un DEA suscite une certaine inquiétude.

Les recommandations ci-dessous se basent sur des avis d’experts.

Elles aideront à réduire le risque d’une transmission du virus au répondant qui réalise la RCR ou utilise un DEA en cas d’arrêt cardiaque.

Il s’agit de modifications apportées à la RCR à mains seules habituelle, applicables dans le contexte de la pandémie de la COVID-19.

Elles s’appliquent aussi bien aux adultes qu’aux enfants.

Protocole d’intervention

 

Si vous êtes en présence d’une personne qui a peut-être subi un arrêt cardiaque pendant la pandémie de la COVID-19 et que vous vous sentez prêt à l’aider, mais que vous voulez aussi réduire le risque de transmission de la maladie à coronavirus, vous devez prendre les mesures suivantes, qui sont des modifications de la RCR habituelle.

 

Soyez à l’affût des

Signes d’un arrêt cardiaque


Déterminez qu’il s’agit d’un arrêt cardiaque en remarquant l’absence de réaction lorsque vous secouez la personne et que vous criez ET le fait que la personne ne respire pas ou fait des bruits de respiration inhabituels comme un halètement.

Ne vous penchez pas pour écouter ou percevoir la respiration en approchant l’oreille et la joue de la bouche de la victime.

Contentez-vous d’observer la respiration.

 

 

Composez le

9-1-1


Expliquez que vous avez trouvé une personne inconsciente qui présente une respiration anormale.

Dites-leur s’il y a une possibilité de la COVID-19.
 

 

Prévenez la

contamination


Déposez un linge, une serviette ou un vêtement sur la bouche et le nez de la victime pour prévenir toute propagation du virus par l’air contaminé ou la salive.

 

 

Réalisez une 

RCR à mains seules


Placez le talon d’une main au centre de la poitrine et l’autre main par-dessus, puis poussez fort et vite.

Effectuez les compressions au rythme de la chanson Staying alive, ou 100 à 120 battements par minute.

Ne faites pas d’insufflations.

Continuez jusqu’à l’arrivée des secours.

Le répondant médical d’urgence du 9-1-1 vous donnera des directives au besoin.
 

 

Si possible,

utilisez un DEA


Les chances de survie après un arrêt cardiaque sont 2 fois plus élevées lorsqu’un témoin intervient avec un DEA avant l’arrivée des services médicaux d’urgence.

Les DEA sont des appareils sécuritaires et faciles à utiliser.

Mettez-le en marche et suivez les instructions qui apparaissent à l’écran vous guidant à chaque étape d’utilisation de l’appareil.⁠

 


 

Après une tentative de réanimation

Mesures d’hygiène et de nettoyage

 

Après que le personnel paramédical ou les premiers répondants ont pris la relève en ce qui a trait à la réanimation, lavez ou jetez le linge, la serviette ou le vêtement qui a été utilisé pour couvrir le visage de la victime.

Vous devez ensuite bien vous laver les mains avec de l’eau et du savon; un gel pour les mains à base d’alcool est une autre solution.

Circonstances particulières

 

Les gestes ci-dessus correspondent à la majorité des situations d’arrêt cardiaque soudain.

Dans certaines circonstances, vous pouvez prodiguer d’autres traitements si vous avez reçu la formation nécessaire.

Vous ne devez prodiguer ces traitements que si vous n’avez pas d’inquiétudes quant à la transmission de la COVID-19 (p. ex., vous connaissez bien la victime).


CES SITUATIONS COMPRENNENT PAR EXEMPLE :

Un surdosage d’opioïdes (Administration de naloxone et insufflations/ventilations, suivies de compressions thoraciques s’il n’y a pas de réaction).

Une noyade dont vous êtes le témoin (insufflations/ventilations et compressions thoraciques).

Un arrêt cardiaque chez un enfant (insufflations/ventilations et compressions thoraciques).

Responsabilité d’agir

Loi du bon samaritain

 

Le secouriste doit porter assistance au meilleur de ses capacités et de ses connaissances. Les lois, pour la plupart, demandent de ne pas quitter les lieux d’un incident ou d’un accident et de s’assurer que les services d’urgence sont contactés.

En aucun cas ces lois ne vous demanderont de mettre votre santé, votre intégrité ou même votre vie en péril afin de secourir une ou plusieurs personnes en détresse. La loi du bon samaritain a donc été créée afin d’éviter les hésitations d’un spectateur à agir face à un incident, par crainte de poursuites judiciaires advenant une maladresse de sa part.

Ce principe vise à protéger tout individu portant assistance à une ou des victimes, advenant une erreur dans son intervention de secours. Si l’erreur du secouriste a pu causer involontairement des blessures, voire même un décès, tant et aussi longtemps que le sauveteur a agi dans le seul but de porter secours à la victime, il sera protégé par la loi du bon samaritain.

 

Rédigé par Alexandre Grenier, Fondateur de l’Académie Saint-Bernard 

Illustré et mis en page par Émilie Bedard, responsable des communications
 

International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR). 2020. « COVID-19 infection risk to rescuers from patients in cardiac arrest ». https://costr.ilcor.org/document/covid-19-infection-risk-to-rescuers-from-patients-in-cardiac-arrest

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